11.06.2008

Préjugé n°2: le communiste avec le couteau entre les dents

Kalachnikov : odieuse rumeur. Pour l’instant, les seules personnes armées qu’il m’ait été donné de voir sont des policiers, alors cessons la calomnie je vous prie. Quant à ceux qui doutent, de l’efficacité des opérations de désarmement, volontaire ou non, menées par les forces internationales de sécurité ; ou encore à ceux qui doutent de la bonne volonté des habitants de la Bosnie d’envisager la paix éternelle et des voisins aussi accueillants que pacifiques en rendant les armes, je les renvoie à leur rancœur, leur pessimisme, leur paranoïa.

Et à l’exemple corse. Des armes, ça se cache.

24.05.2008

Préjugé n°1: vodka!

Bon, "ça c’est la Russie et ce n’est pas exactement au même endroit", comme me le signalait judicieusement l’autre jour une connaissance.

Par hommage à la solidarité et à l'hospitalité slave, il est tout de même de coutume d’honorer ce breuvage ainsi que bien d’autres, notamment la rakkia, eau-de-vie dont on prend un petit verre dès potron minet afin de se sentir bien dans son corps, bien dans sa tête.

Par ailleurs, la bière a bien entendu comme dans le monde entier un certain succès. Avec des marques locales, c'est-à-dire marques serbes, marques croates, marques bosniaques, qu'on ne retrouve pas chez les autres. Buvons local.

La Bosnie?

Un pays comme les autres. On y trouve des arbres dans les rues, des ruraux qui élèvent leurs poules et ramassent des fraises pour les vendre sur le marché de Banja Luka toute la semaine (70 centimes d'euros en ce moment le kilo), des supermarchés, des bus même. Parions qu'il y a aussi des philatélistes, des cruciverbistes...


Vous ne serez donc pas étonnés qu'il existe un autre type de collectionneurs, comme dans tout pays normal sans histoire qui se respecte, avec ses citoyens modernes, mécanos sur les bords, bref des collectionneurs du

 

CLUB CITROËN DE BOSNIE


Qui nous a offert une exposition des véhicules de ses membres il y a peu. Pour les amateurs:

 

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18.05.2008

Bases pour comprendre le coin

L’habitant de la Bosnie est un Bosnien. Faudra vous y habituer. Précisions:

-S’il est appelé Bosniaque, il est musulman. Environ 45% de la population. Largement majoritaires en Fédération croato-musulmane dans les cantons musulmans, ils n’en sont pas moins présents en République serbe et dans les cantons majoritairement croates. Sarajevo, qui demeure la capitale de Bosnie, est aujourd'hui une ville surtout bosniaque

-S’il est appelé Bosno-Serbe, c’est vous l’avez compris tout simplement un Serbe de Bosnie. Qui tend néanmoins à se sentir plus proche des Serbes de Serbie que de ses concitoyens Bosniens d’autres ethnies. Environ 40% de la population, très majoritairement présents en République serbe, ou Republika Srpska (prononcez: Sérp ska)

-S’il est appelé Bosno-Croate, c’est un Croate de Bosnie, proche des Croates de sa Croatie, plus que de ses compatriotes, vous voilà rôdés. Surtout présent dans les cantons croates de la Fédération croato-musulmane. 10% de la population.

 

Les pourcents restants comprennent les bien seuls 5% de la population qui refusent de se situer dans l’une ou l’autre des communautés et se déclaraient lors du dernier recensement yougoslaves, et d’autres minorités, comme les Roms.

Vous avez bien en tête ces ordres de grandeur ? Ne vous y fiez pas. Il n’y a eu aucun recensement dans le pays depuis 1991. Ainsi ne sont pris en compte ni les déplacés, ni les retournés, ni les assassinés, ni les morts de guerre, ni les morts naturellement, ni la dynamique démographique, ce qui est bien pratique pour éviter les tensions communautaires, qui sont déjà légion. Beaucoup de Serbes chassés de Fédération et de Croatie sont en Republika Srpska, de Croates en Croatie, de Bosniaques partis de RS vers la Fédération.

 

17.05.2008

Kafa!

Au deuxième jour de mon périple Banja Lukien, je parvenais tant bien que mal à commander un café dans un restaurant aussi sympathique que peu onéreux. Plaisir, délice, arôme, certes, enfin ce n’était qu’un expresso, mais au moins ça n’allait pas être comme au Mexique où rares étaient les lieux où l’on en servait. Aurais-je dû me méfier ?

 

Oui. Méfiance est mère de sûreté. Ayant pris mes fonctions au bureau franco-allemand et déclamé haut et fort mon amour du café, je me retrouvais le lendemain avec une tasse posée tout près de mon fauteuil. Un grand café, déjà un peu tiède, que j’allais boire d’un trait. Je me retrouvais soudain avec la bouche pâteuse, pleine de sable fin, non, du marc de café, voilà ce que c’était, du marc de café. Première leçon : le café est turc, même dans la partie serbe de la Bosnie. Allez chercher à y comprendre quelque chose ensuite.

 

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 L'arme du crime